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Les Amis de Vézelay - Ils ont écrit sur Vézelay

BandeauEcrivainsÀ A la fois « colline éternelle », « point de sensibilité, un des centres nerveux du monde » (L. Gillet), Patrimoine mondial de l'Unesco, « lieu de mémoire » (au sens de Pierre Nora et de Guy Lobrichon : citation), Vézelay est également un véritable mythe littéraire. C'est beaucoup sans doute pour un modeste village, mais c'est que cette colline, où tant de particularités se sont accumulées au fil des siècles, où tant de charge symbolique se trouve concentrée, où tant de fortes personnalités se sont retrouvées, n'est pas seulement inspirée mais bel et bien inspirante.

Par son origine (le couvent de Girart de Vienne, modèle du héros de la Chanson de Girart de Roussillon, sur l'actuelle commune de Saint-Père), Vézelay s'ancre dans la légende carolingienne rapportée et embellie par la chanson de geste. Le Moyen-Âge s'y épanouit dans une floraison qui toucha plusieurs genres littéraires, en particulier le sermon (Julien de Vézelay), la chronique (Hugues de Poitiers) et, bien sûr, le discours d'exhortation (prêche de saint Bernard). Ensuite, vinrent deux hommes aux solides convictions: Théodore de Bèze (XVIe siècle) et Vauban (XVIIe). Puis, le siècle d'or du XXe siècle, si riche que nous l'aborderons seul ici. Vézelay n'a cessé d'alimenter la littérature, tandis que la littérature amplifiait sa renommée. Ce sont des noces fécondes.

Par commodité, nous distinguerons :

Les écrivains
ayant composé
sur Vézelay

• Prosper Mérimée
Walter Pater
Marcel Proust
Édouard Estaunié
Henri Bachelin
Maurice Druon
Louis Gillet
Paul Claudel
André Malraux
Raymond Oursel
François Mitterrand
Yvette Sczcupak-Thomas
Olivier Py
Christian Bobin
Sylvie Germain
Guy Lobrichon

Lire ici

 

Les écrivains ayant écrit à Vézelay et parfois sur Vézelay

Henri Petit
Romain Rolland
Jean Badovici
Le Corbusier
Christian Zervos
Paul Éluard
René Char
Georges Bataille
Michel Fardoulis-Lagrange
Jacques Pimpaneau
Max-Pol Fouchet
Blaise Gautier
Maurice Clavel
Daniel Defert
Jules Roy
Tatiana Roy
Édith de la Héronnière
Maria Maïlat
Olympia Alberti
Léo Divendal

Lire ici


Romain Rolland, Le Corbusier, Paul Éluard, Georges Bataille, Max-Pol Fouchet, Maurice Clavel, Jules Roy ont, au moins, un point commun : ils vécurent et écrivirent à Vézelay – et, parfois, sur Vézelay. Et le bourg (cela fait longtemps, en effet, que ce n'est plus une petite ville) n'en est toujours pas revenu et s'enorgueillit de cet étrange phénomène de rassemblement sur un gros demi-siècle. D'autres écrivains, parfois moins connus, souvent associés aux premiers, sont à découvrir.

Au XIXe siècle, Vézelay provoqua plutôt la fuite des peintres (celle de Corot, notamment), ne parvenant à fixer que le seul Adolphe Guillon (« le peintre de Vézelay »), davantage amoureux des arbres que de la basilique. Mérimée y vint en inspecteur général des monuments historiques plutôt qu'en écrivain. Non dénué de qualités littéraires, son texte ouvre toute la littérature « moderne » sur le village et sur la Madeleine (citation).

Au XXe siècle, le bourg en déclin attira et sut retenir nombre d'écrivains et d'intellectuels. Les raisons de cette attirance sont multiples (mais restent, au fond, bien mystérieuses) : magnétisme de la colline, puissante aura de la basilique dédiée à une pécheresse repentie, passé prestigieux (pèlerinage à Marie-Madeleine, prêche de saint Bernard, visites de saint Louis, voisinage de Vauban, etc), patrimoine bâti de qualité, présence d'un petit noyau d'intellectuels, charme des ruelles, de la ceinture de remparts et des bois tout autour, air sain, vie paisible en retrait des grandes routes de circulation – mais à proximité, tout de même. Ces raisons (on pourrait en trouver d'autres) jouent différemment selon tel ou tel, chacun étant en harmonie avec un ou plusieurs aspects du lieu. Quand on vient de Paris, la colline est le dernier contrefort calcaire avant les rudes terres granitiques du Morvan (il faut être né là, comme Henri Bachelin, pour y vivre ...).

Il y a ceux qui ne firent que passer (pèlerins d'un nouveau genre) et ceux qui s'y installèrent de manière éphémère, permanente ou répétée, retrempant leur combat dans la force (tellurique, spirituelle, mystique, ...) que dégage, pour certains, Vézelay.

À leur arrivée, la plupart de ces écrivains, dans la fleur de l'âge, voire carrément âgés, étaient déjà connus ou reconnus. Ils n'attendaient pas, de Vézelay (et à Vézelay), la gloire mais bien une retraite, un port, où continuer d'écrire, de réfléchir, de travailler, loin des embarras de la ville (et parfois de la guerre). Un lieu où terminer en beauté.

Avec eux, le marxisme, le communisme, l'internationalisme, le surréalisme, le freudisme, l'existentialisme, l'engagement, tout ce qui avait si puissamment électrisé la première partie du XXe siècle est venu s'échouer sur cette colline - et rejaillir, souvent en déviant et prenant un autre tour... Puissance d'arrêt et de rejaillissement de Vézelay.

Peu sont venus pour des raisons clairement « mystiques », mais beaucoup sont, plus ou moins, imprégnés de spiritualité – en particulier franciscaine. Le lieu n'a fait souvent que renforcer cette tendance. Écrivains de la quête intérieure, de « l'expérience intérieure », ils luttent avec l'Ange ou avec le Démon – quelque démon que ce soit, d'ailleurs. Ils examinent les dogmes, les passent au crible. Ils fracassent la doxa. Ils ne sont pas de tout repos, ni pour les autres, ni pour eux-mêmes. Ni pour leurs lecteurs... Tournés vers leur monde intérieur, ce ne sont pas des romanciers, des inventeurs d'intrigue et de coups de théâtre, des créateurs de personnages, mais des écrivains de l'intime (journal, mémoire, essai) ou de tonitruants pamphlétaires. Qu'ils aiment les coups d'éclat, les coups de gueule, ou bien souhaitent passer inaperçus, qu'ils recherchent la transcendance ou l'immanence, la plupart ont quelque chose d'entier et d'altier.

Ce sont des solitaires (mais profondément nostalgiques de la communauté), des francs-tireurs, des rebelles, voire des hérétiques. Ce ne sont ni des tièdes, ni des timorés, ni des mous. Ils ne font pas dans la demi-mesure, le compromis ou la compromission. Ils ont parfois désobéi, pris des risques, encaissé des coups. Ils sont sortis du rang pour penser seuls, par eux-mêmes. À l'écart. Pour cela, on peut parfois les taxer de témérité, les trouver orgueilleux, hautains. Ils questionnent sans relâche - et continuent de nous questionner. C'est pour cela, avant tout, que nous les aimons et que nous les lisons.

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