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Les Amis de Vézelay - Programmes de l'association

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Conférence de Pierre Haasé

Pour ceux d'entre vous qui n'étaient pas à Asquins...

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L’abbé Barthélémy Grognot (1712-1791), curé d’Asquins

 

Curé d’Asquins de 1740 à 1791, l’abbé Grognot reste fort populaire dans ce village tant pour les travaux de rénovation de l’église St Jacques qui conférèrent à cet édifice son aspect actuel, que pour la culture des cerisiers qu’il est supposé avoir suscitée vers 1750.

La famille Grognot est originaire d’aixois. Les ancêtres de Barthélémy furent artisans leviers à Noidan et à Normiers près de Thil. Son père, Jean-Baptiste, devint notaire à Noidan et épousa le 2 novembre 1711 Simone Perrot. De cette union naquirent entre 1712 et 1732 treize enfants dont Barthélémy fut l’aîné le 9 décembre 1712. Entre 1727 et 1734 il mena des études de théologie et devint en 1734 vicaire de Bussières auprès de son cousin Jean-Baptiste Grognot. En 1737 il fut envoyé à St Pierre/St Julien d’Avallon, où il exerça jusqu’au 23 septembre 1738, comme vicaire.

Cette période se caractérise par une prise de position tranchée dans le débat houleux entre jansénistes et anti-jansénistes qui agitait Avallon. Le parti janséniste conforté par le chanoine Lazare Bocquillot (mort en 1728), les oratoriens du Collège d’Avallon et de grandes familles comme les Chastellux, les Guillaume d’Orbigny ou encore les Le Tors, s’opposait vigoureusement au clan des partisans de la bulle Unigenitus menés par le curé Champion et les Capucins. Grognot se rangea aux côtés de ces derniers. En juin 1738 il fut mêlé à un scandale public, l’affaire Edmée Raquin. Cette jeune couturière, poussée par ses confesseurs, un capucin et Grognot, brûla publiquement des ouvrages jansénistes, accompagnant cet autodafé d’imprécations. Champion étant décédé peu avant ce scandale, son successeur, l’archiprêtre Lecourt fit suspendre Grognot que l’évêque d’Autun rappela sans doute au calme. Il ne réapparut en public que le 25 juillet 1740 pour prendre possession de la cure d’Asquins qu’il échangeait avec Jean-Baptiste Colon (curé d’Asquins de 1723 à 1739).

 

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Dès lors, l’attitude de Barthélémy Grognot change radicalement. D’anti-janséniste forcené, il se mue en janséniste tempéré ! Divers signes traduisent ce revirement. D’abord la présence dans sa sacristie d’un christ à la mode janséniste (bras en V, pieds cloués côte à côte). Puis sa participation au groupe des prêtres ouvertement jansénistes du vézelien, dont Manin, son ami et confident, curé de St Étienne de Vézelay.


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En 1766 il fut même à la tête des prêtres qui célébrèrent les obsèques du curé de Saint-Père Gabriel Chauvin. Les « Nouvelles Ecclésiastiques », hebdomadaire janséniste, qui avaient en 1738 vigoureusement dénoncé Grognot du temps de son vicariat avallonnais, relatent au contraire désormais son action bienveillante pour leur cause.

Dans le même temps, Grognot -comme son frère Louis Augustin, désormais curé de Blannay- reçoivent des subsides de la « boîte à Perrette », trésor de guerre des jansénistes, comme l’atteste la mention de leur nom dans le carnet de comptes du gestionnaire de ces fonds M. Des Filletières.

Enfin Matin, qui suppléait Grognot lors de ses absences, rapporte que le curé d’Asquins finança « à l’aide de dons qu’il a tirés de Paris » ses chantiers de reconstruction. Probablement des fonds jansénistes.

Car Barthélémy Grognot se lança dans une vaste entreprise de modernisation de son église, avec l’aval du Chapitre de Vézelay mais sans sa participation financière. Ce fut d’abord la construction ou l’aménagement d’un nouveau presbytère. Puis, en deux tranches de travaux, le remodelage de l’église St Jacques. D’abord, dès 1755 côté ouest avec la modification de la façade, la suppression d’une galerie porche (que les prédécesseurs de Grognot nommaient Chapiteau ou encore Galilée), le transfert du clocher de la première travée du bas-côté sud, à sa position axiale en tête de nef.

Dans un deuxième temps, de 1762 à 1774, l’agrandissement, le percement de trois baies au lieu d’une, par les entrepreneurs vézeliens Edmé Saligot et Nicolas Bailli. Pour achever la mutation Grognot fit poser des boiseries, des bancs, une clôture des fonts, refaire les peintures soit murales, soit sur toile, du chœur, n’hésitant pas pour cela à tailler dans les anciennes fresques du XIIIe au XVIe siècle qui ornaient l’édifice. À ces chantiers participèrent entre autres des maçons creusois qui apparaissent marginalement dans les registres paroissiaux au moment de décès ou de mariages.

Dans sa façon de mener sa paroisse, Grognot appliqua des principes pastoraux fermes mais bienveillants, loin de ses outrances de jeunesse.

Son registre paroissial traduit bien son intérêt pour ses paroissiens. Il y consigne les listes de communiants, des anecdotes de la vie villageoise ; il y note les comportements pieux exemplaires, comme le décès en ermite à Séchée, du vieux Nicolas Tapin. Il créa une bibliothèque paroissiale de 300 volumes et adhéra à la pétition des curés ruraux réclamant un renforcement des écoles. Renonçant aux inhumations dans l’église, tant pour ne pas perturber ses travaux de rénovation, que par souci d’égalité et d’humilité devant la mort, il pratiqua une tolérance très large et une soumission aux injonctions de l’autorité civile et judiciaire, inhumant par exemple des suicidés. Ses amis jansénistes Le Tors le persuadèrent en 1778 d’accueillir un de leurs protégés, le jeune juif Raphaël Lévi, pour le convertir, puis en 1779 procéder à son mariage.

Vieillissant, il se reposa sur ses vicaires surtout après 1780, Piault puis Simonneau.

Décédé le 9 février 1791 il fut inhumé dans le cimetière où sa tombe disparut avec l’arasement du terrain vers 1970.

Barthélémy Grognot mérite bien le surnom de « vénérable apôtre d’Asquins » que lui attribue un de ses anciens condisciples du séminaire d’Autun. Ce curé morvandiau -sans doute l’abbé Cassier- dédie en effet à Grognot son poème satirique « La Roussillonnade » paru en 1751 dans le Mercure de France et maintes fois réédité, dans lequel il décrit amèrement la propre paroisse rurale, délabrée et peu accueillante, qui contraste avec la paroisse asquinoise ayant fait l’admiration de l’abbé Courtepée dans sa Description de la Bourgogne.

Avec Barthélémy Grognot deux autres membres de sa famille embrassèrent la prêtrise et furent curés en Avallonnais. D’abord son jeune frère, Louis Paul Augustin (1729-1781), d’abord diacre à Asquins puis curé de Blannay, enfin bineur de Dissangis et Coutarnoux. Ensuite le cousin de Barthélémy, Jean-Baptiste Grognot (1700-1778), vicaire à la Roche en Brenil, puis curé de Bussières où il accueillit pour son premier poste de vicaire Barthélémy. Ces deux prêtres, comme Barthélémy, furent des sympathisants de la cause janséniste.

 

P.S. : L’intégralité du texte de cette communication est disponible dans le volume CXXIV/2016 du Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de Semur-en-Auxois et des fouilles d’Alesia - pp. 87-106, ill.

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Sortie à Buffon

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Pour le déjeuner au restaurant de l'Écu, il faut compter 16 euros par personne (hors boissons).

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Conférence de Philippe Beyney

Pour ceux d'entre vous qui n'étaient pas à Saint-Père...

 

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